WORKSHOP-Innovation et transfert technologique

Le transfert technologique : un pont entre l’académique et l’économique pour renforcer la compétitivité des entreprises.

News
4/09/2017

La collaboration entre chercheurs et entrepreneurs est de plus en plus une réalité. Plusieurs cas pratiques ont ainsi été évoqués lors d’un récent workshop organisé sous l’égide du réseau d’innovation Microcity et animés par le Service de l’économie du canton de Neuchâtel.

« Le monde de demain sera un monde de collaborations », a lancé Christian Barbier, chef du service de l’économie du canton de Neuchâtel, aux participants lors du récent Workshop organisé par Microcity au Laténium, le musée d’archéologie de Neuchâtel. Thème de la présentation : les projets de transferts technologiques  pour renforcer la compétitivité des PME, ou comment le monde académique peut mettre ses compétences au service de l’économie. Une démarche qui colle parfaitement à la mission de Microcity Pôle d’innovation Neuchâtel.

C’est au travers de quatre cas pratiques que les divers aspects d’une telle démarche collaborative ont été développés. Quand peut-on raisonnablement demander l’aide des chercheurs académiques dans un projet industriel ? « Au départ, il faut avoir une idée claire en tête », a expliqué Bertrand Späth. Lui a co-fondé Kizy Tracking, un système de tracking de containers.  Pour développer la technologie nécessaire à son idée, il a bénéficié des ressources de l’EPFL, notamment pour optimiser la précision de  la localisation ou la gestion de l’énergie de son tracker.

Autre projet ayant compté sur des chercheurs, le bracelet électronique intelligent et connecté de GEOSATIS. Afin de concrétiser l’idée de départ, la société a bénéficié du savoir de diverses institutions, comme la HE-Arc qui a notamment aidé à élaborer la forme du bracelet en fonction… des divers types de chevilles humaines ! Mais une fois le produit inventé, encore fallait-il le fabriquer. « Il existe dans la région des industriels qui ont une force incroyable pour cela», a lancé José Démétrio, CEO de GEOSATIS. C’est donc auprès de Cloos electronic au Locle que la société a trouvé un partenaire pour fabriquer l’appareil en étroite collaboration. Pour Robert  Klossek, CEO de la société, « la confiance les uns envers les autres, c’est essentiel dans ce genre de projet ».

«Dans des cas très rares, la personne qui a l’idée ira seule jusqu’à la fabrication du produit »a relevé quant à lui Omid  Shojaei, patron de INDEOTEC. Cette entreprise spécialisée dans les techniques de déposition de surface pour la fabrication de capteurs solaires fait confiance à tout un panel de partenaires industriels pour fabriquer ses machines. Et pour mettre au point les dernières versions de celles-ci, c’est notamment au CSEM qu’elle s’est adressée. Mais pas seulement. Car pour Omid Shojaei, il est important que la société à l’origine du projet en garde la maîtrise de la propriété intellectuelle.  A ceux qui veulent bénéficier de recherche extérieure, il a donné ce conseil. « Dissipez vos projets entre les différents partenaires de recherche. Cela garantit d’avoir seuls la connaissance globale du projet »

Il n’empêche. S’associer des partenaires externes pour la recherche est une chance unique pour une entreprise. « Ce sont des ressources qu’on ne pourrait jamais supporter nous-mêmes », a relevé Alain Michaud, product line manager d’Oscilloquartz. Sa société a ainsi pour compter sur les chercheurs du laboratoire temps-fréquence  de l’Uni de Neuchâtel pour développer une nouvelle technologie qui améliorera la précision et la longévité de ses horloges atomiques au Césium.

Un acteur clé des collaborations entre chercheurs et sociétés reste la CTI, soit la Commission Technique et industrielle. Cet organisme, qui s’appellera dès 2018 Innosuisse, propose de soutenir des projets innovants en finançant notamment la partie de recherche et développement, confiée aux organismes de recherche académiques adéquats. En 2016, la CTI a ainsi versé 216 millions à des projets industriels, pas toujours hyper-technologiques mais qui nécessitaient tous une phase de recherche confiée par la suite au monde académique. De quoi inciter les acteurs économiques présents au workshop à s’y lancer eux aussi, comme l’a relevé André Droux, représentant de la CTI : « Sur une centaine de projets en Suisse romande, il y a eu 50% d’échecs, mais surtout 50% de succès ».