15/08/2018

PORTRAIT DE LA START-UP INVENesis

Incubée chez Neode

Fondée en 2017

8 employé-e-s

Parcours en bref

Elodie, Jean-Luc et Lucien se sont rencontrés chez Novartis Santé Animale à St-Aubin (FR). Avant cela, ils étaient déjà, sans le savoir, liés par un lieu commun, l’Université de Neuchâtel (UniNE), où ils se sont formés : apprentissage pour Elodie, Master pour Lucien (suivi d'un Doctorat à l’Université de Berne) et Doctorat pour Jean-Luc.
En 2014, la filiale de Novartis est rachetée par Eli Lilly, un grand groupe américain de santé humaine et animale. Avec un modèle basé sur l’externalisation des compétences de recherche, Eli Lilly procède à des licenciements massifs. Les trois compères saisissent l’occasion de réunir leurs compétences et leur réseau de clients pour créer une Contract Research Organization (CRO), soit une organisation de soutien à la recherche pour l’industrie pharmaceutique.

Le 23 mars 2017, l’entreprise INVEnesis est officiellement lancée. Ils obtiennent des bureaux chez Neode. En juillet 2017, ils générèrent leurs premiers résultats concrets. L’exercice 2017 est positif et les clients se font de plus en plus nombreux. Aujourd’hui composée de 8 personnes, INVENesis souhaite continuer à grandir de manière organique. Rencontre avec trois passionnés de la parasitologie.

À votre avis, quels sont les facteurs qui ont contribué au décollage rapide d’INVENesis ?

Tout d’abord, grâce à notre expérience chez Novartis, nous avions un savoir-faire unique, une réputation positive et un réseau international. Contrairement à d’autres entreprises incubées chez Neode, nous n’avions pas de brevet mais un savoir-faire : un peu comme une recette, l’excellence s’acquiert avec l’expérience et ses ajustements inhérents.

Deuxièmement, la miniaturisation, l’automatisation et l’industrialisation des processus de recherche in-vitro représentent nos grandes forces. Nous produisons par exemples des puces du chat. Ces puces sont produites in vitro, à raison de 100'000  par semaine, sans utiliser un seul animal de laboratoire. De plus, contrairement à d’autres CRO, nous arrivons à faire des tests sur de toutes petites quantités d’échantillons, transmises par les entreprises pharmaceutiques. En électrophysiologie, soit l’étude de l'activité bioélectrique des tissus vivants, en particulier des tissus nerveux et musculaires, nous utilisons une machine qui existe à seulement quelques exemplaires dans le monde et très peu de scientifiques savent s’en servir. Enfin, nous avons mis en place des systèmes de vision par ordinateur permettant d’automatiser de nombreuses étapes, notamment l’évaluation des tests.

analyses invenesis

Du coup, nous gagnons en efficacité et en flexibilité, ce qui nous permet de facturer au résultat et au succès. Dès lors, nos compétences deviennent accessibles aussi bien pour des grandes que des petites entreprises, ou encore pour des instituts académiques. Les débouchés sont donc importants.

Quel est votre domaine de prédilection ?

Nous sommes très pointus en parasitologie et le marché est important car deux tiers des problèmes animaliers sont d’origine parasitaire (poux, tiques, moustiques etc). Dans ce cadre, nous aidons les grandes compagnies de santé animale à trier les molécules de leurs banques de données, puis à choisir la plus efficace pour le traitement d’une maladie donnée. Or de nombreux produits antiparasitaires agissent sur les canaux ioniques, de petits pores transmembranaires constitués de protéines responsables du transport des ions.  Grâce à l’électrophysiologie, nous pouvons déterminer la sélectivité d’une molécule envers sa cible chez le parasite. Enfin, il est important de mentionner que ces canaux ioniques sont impliqués dans toutes sortes de maladies humaines. Du coup, les outils à disposition de la parasitologie sont utilisables non seulement pour des cibles animales, mais également humaines.

Nous faisons aussi du consulting dans l’interprétation des résultats ou encore la génération de protocoles. Comme nous venons d’un grand groupe pharmaceutique, nous savons indiquer à nos clients les prochaines étapes envisageables par rapport à un résultat donné.

Le canton de Neuchâtel a-t-il été un environnement favorable au développement d’INVENesis ?

L’Université de Neuchâtel (UniNE), le CSEM, la HE-Arc avec la fablab et le pôle Microcity de manière globale créent un environnement extrêmement stimulant. Nous nous réjouissons du développement de Microcity SA et des aides apportées aux PME. C’est également très valorisant d’accueillir nos clients dans ce quartier d’innovation. C’est une belle carte de visite. Et le chapeau Neode nous a permis d’entrer en contact avec des entreprises de la région neuchâteloise.

Nous avons également profité d’un timing favorable : le Prof. Patrick Guérin, parti à la retraite en 2018 a laissé à l’UniNE des laboratoires et des équipements très utiles, que nous pouvons valoriser tout en assurant la pérennité de ce savoir-faire. Toute l’infrastructure de l’UniNE était prête pour que nous puissions démarrer immédiatement notre activité. De plus, le pôle de parasitologie de l’UniNE est reconnu dans le monde entier, la voie était déjà tracée. Le réseau local d’entrepreneurs  nous ouvre aussi des opportunités qui nous motivent à rester dans la région le jour où nous devrons quitter l’université, une fois la phase d’incubation terminée.

Après une année d’activité, quel bilan tirez-vous ?

Nous sommes très satisfaits. Nous atteignons les objectifs fixés, et les dépassons pour l’instant sur l’année 2018. Cela nous permet d’avoir des ressources pour démarcher de nouveaux clients. Cette marge est également vitale en termes d’innovation. Car en tant que CRO, nous devons proposer chaque année de nouveaux produits / analyses. Nous sommes donc associés à des partenaires pour développer ce que nous imaginons être les tests de demain. Nous essayons vraiment d’avoir un large panel de tests et de nous diversifier un maximum. C’est le nerf de la guerre pour rester compétitifs sur le marché !

Propos recueillis par Victoria Barras

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