10/04/2018

PHILIPPE FISCHER

Directeur de la Fondation Suisse pour la Recherche en Microtechnique (FSRM)

Né en 1960

Habite à Cortaillod

3 filles

Parcours en bref

Philippe Fischer est né au Locle. Il fait son lycée au gymnase Blaise Cendrars à la Chaux-de-Fonds. À cette période, il quitte momentanément la région neuchâteloise pour une année d’échange aux Etats-Unis. Il intègre ensuite la filière d’ingénieur en microtechnique, enseignée entre l’Université de Neuchâtel et l’EPFL. Grâce à la réalisation de son travail de Master à l’ETH Zurich, il acquiert le suisse-allemand et une ouverture d’esprit qui lui seront extrêmement utiles dans le monde professionnel.

Ses premières armes, il les fait chez Mettler-Toledo, spécialisé dans les balances de précision. En 1990, il est engagé en tant qu’adjoint scientifique à la FSRM, qui fait alors de la recherche. Puis il occupe le poste de directeur adjoint. Suite au décès de son directeur qui le marque profondément, Philippe Fischer reprend la direction de la fondation, spécialisée dans la formation continue depuis 1993.

Comment le label Microcity vous aide-t-il à promouvoir les activités de la FSRM ?

Grâce à un label commun d’innovation pour la région neuchâteloise, la FSRM, de taille plutôt modeste, fait partie de la grande famille des 1000 chercheurs, 7000 étudiants, 6000 apprentis, et 800 projets par an. Pour une région de cette taille, c’est vraiment fantastique d’avoir une telle densité et une telle complémentarité entre les acteurs de la formation et de la recherche. Je suis un fervent défenseur de ce label, même si je pense qu’il peut encore gagner en notoriété.

Avec quels autres membres de Microcity avez-vous déjà réalisé des projets concrets depuis 2014 ?

La FSRM a en fait réalisé des projets avec l’ensemble des membres de Microcity. Par exemple l’événement Micro18 qui aura lieu le 1er septembre 2018  sur la thématique du Big Data rassemble tous les acteurs du pôle. Nous coopérons étroitement avec la HE-Arc afin de mettre sur place des formations sur l’industrie 4.0 depuis l’automne 2017. Avec le CSEM, nous collaborons sur des événements, par exemple la SwissNanoConvention qui aura lieu cette année à Zürich le 6 et 7 juin. Sans oublier les formations proposées aux résidents de Neode depuis l’arrivée de Sandy Wetzel. Enfin, une grande partie des intervenant-e-s aux cours de la FSRM sont aussi des collaborateurs-trices du CSEM, de l’EPFL et de la HE-Arc.

À votre avis, quels sont les principaux défis que devra relever le canton de Neuchâtel en termes d’innovation cette prochaine décennie ?

Il me semble important de maintenir l’ADN du canton, soit son esprit industriel et pionnier. Avec cette configuration, il paraît donc indispensable que les entreprises s’adaptent aux nouvelles règles de l’industrie 4.0. La formation continue, évidemment, peut aider à cette adaptation. La FSRM propose des formations dans ce sens mais le timing reste souvent le défi principal. En effet, il est difficile pour les entreprises de sortir la tête du guidon. Soit les carnets de commande sont pleins et alors toutes les forces vives sont utilisées pour répondre à la demande. Ou alors la conjoncture est moins bonne comme en 2016 et il est difficile d’avoir une vision car l’argent ne rentre pas. Même si la théorie dit que c’est à ce moment-là qu’il faudrait former ses collaborateurs, personne ne le fait même si les entrepreneurs sont d’accord sur le principe.

L’autre défi concerne la partie applicative des données collectées. En effet, la région de Neuchâtel est très forte pour le hardware mais manque de savoir-faire dans le software et les applications. Avec 150 milliards d’objets connectés dans le futur, il faudra faire quelque chose de ces données. Il y a un marché à prendre. Il faudrait éviter que les GAFA par exemple soient les seuls à en profiter.

Pour les 40 ans de la FSRM, de nombreux ateliers sont proposés. Un coup de cœur ?

J’apprécie particulièrement les ateliers pour enfants « FSRM-Kids » que nous organisons tous les mercredis dans 8 villes différentes des quatre cantons de l'Arc jurassien. C’est assez incroyable d’observer leur encadrement par des apprentis du CPLN qui se montrent extrêmement impliqués. Nous collaborons également avec des ingénieurs d’entreprises privées et l’association Robosphère pour ces ateliers.

Propos recueillis par Victoria Barras

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