Portrait de Bruno Studach

5/05/2020

Bruno Studach - Centre de Recherche en Micro-Fabrication (M2C)

Bruno Studach - directeur du Centre de Recherche en Micro-Fabrication (M2C) à l'EPFL Neuchâtel

Parcours

Bruno est né en Suisse et grandit au Mexique où il commence des études de biologie, qu’il poursuit en France. Après un premier stage à Marseille dans une entreprise de travaux et d’équipements sous-marins qui le captivent, il réalise que l’ingénierie lui permettra plus facilement d’être actif dans ce domaine à forte connotation technologique. Il continue donc sa formation dans la microtechnique à l’EPFL, puis décroche son premier emploi chez Mecanex, aujourd’hui Ruag Aerospace. Il poursuit sa carrière en Espagne, dans le département d’innovation du groupe pharmaceutique IPSEN, avant de revenir en Suisse où il travaille pour le groupe Faulhaber à la Chaux-de-Fonds, spécialisé dans la production de micromoteurs hautes performances. En 2016, afin d’orienter ses activités vers le « business developpement », il retourne sur les bancs d’école à l’IMD où il obtient un eMBA. En 2018, il prend la direction du Micromanufacturing Science and Engineering Center (M2C), une structure récemment créée par le professeur Christian Enz, directeur de l’institut de microtechnique. Curieux de nature et fortement intéressé par les nouvelle technologies, Bruno suit de près le développement des startups en Suisse grâce à sa participation aux Business Angels Switzerland. Amateur de cyclisme et d’activités en plein air, il aime voyager au Mexique pour rendre visite à sa famille, mais également ailleurs pour découvrir le monde.
 

Vous avez pris la direction du M2C en 2018. Quels sont les axes technologiques que vous avez privilégiés ?

J’ai été embauché pour répondre à un appel à projets lié à une initiative soutenue par la Confédération, l’Advanced Manufacturing Technology Transfert Centers (AM-TTC). Lors de l’élaboration du dossier, nous nous sommes concentrés sur trois axes technologiques :
  • L’impression 3D métallique par Selective Laser Melting (SLM) et Laser Shock Peening (LSP)
  • L’interaction laser-matière avec les lasers femto-seconde
  • L’impression 3D multi-matériaux pour créer des objets avec des fonctionnalités intégrées
Nous sommes convaincus que ces trois axes sont complémentaires, aussi bien d’un point de vue technologique que temporel. De plus, le potentiel de ces technologies est très important pour l’avenir de la microtechnique. Les trois professeurs directement impliqués dans ce projet, Roland Logé, Yves Bellouard et Vivek Subramanian conduisent chacun les activités de recherche de leurs laboratoires respectifs dans l’un de ces domaines. 
Aujourd’hui, nous avons reçu le feu vert de la direction de l’EPFL pour poursuivre la mise sur pied du centre dans les locaux de l’EPFL - antenne neuchâteloise. Pour cela nous allons prochainement procéder à l’acquisition d’équipements pour renforcer les capacités communes de l’EPFL et du CSEM, les deux principaux partenaires scientifiques du centre. Ceci sera la première étape de la matérialisation du M2C.
 

Quels ont été les plus gros challenges depuis que vous êtes à ce poste ?

Un des plus gros challenges consiste à garder une unité au sein des parties prenantes qu’il faut fédérer. À mon arrivée, on m’avait recommandé de prendre contact avec la plupart des professeurs de l’institut de microtechnique. J’ai rapidement réalisé à quel point il serait difficile de mettre tout le monde d’accord, car il fallait convaincre de manière transversale, dans une entité dont les lignes hiérarchiques et organisationnelles diffèrent beaucoup de celles de l’industrie. Il manque parfois un lien tangible entre la recherche fondamentale et l’industrie et je pense que le M2C a un rôle clef à jouer au carrefour de ces deux entités. Le centre permettra de renforcer les ponts entre ces deux univers et d’en améliorer les interactions.
 

Quelles sont à votre avis les prochaines grandes étapes pour le M2C ?

Avec l’acquisition des nouveaux équipements, nous pourrons commencer à opérer en 2021 et être actifs dans le domaine de l’impression 3D métal au troisième trimestre de la même année. Les partenaires scientifiques du centre ont acquis suffisamment de connaissances et d’expérience pour pouvoir guider des partenaires non experts et travailler avec eux. Nous souhaitons stimuler l’innovation et soutenir le transfert de technologie sans entrer en concurrence avec les entités privées déjà actives dans ce domaine. L’idée est de constituer une plateforme technologique qui permettra de créer de la valeur à travers le développement de nouveaux matériaux et procédés de fabrication et fournir un appui aux entreprises qui ne disposent pas des moyens et/ou de la compétence en interne, notamment en raison de leur positionnement stratégique actuel.
 

Que pensez-vous de l’élargissement des missions de Microcity Neuchâtel Innovation ?

Je me réjouis des collaborations futures, qui sont d’autant plus importantes aujourd’hui avec la vitesse à laquelle se déroulent tous les changements. Avec notre économie très industrialisée et nos compétences uniques dans la miniaturisation, la haute précision et la sous-traitance, je suis persuadé que nous avons un potentiel de diversification encore énorme.

Galina Dzhunova et Victoria Barras