27/06/2018

Inauguration du Centre pour le muscle artificiel à l’EPFL antenne neuchâteloise

L’objectif du centre : développer un système d’assistance cardiaque moins invasif pour aider les cœurs en défaillance.

Inauguration du Centre pour le muscle artificiel à l’EPFL antenne neuchâteloise

Le Centre pour muscles artificiels (CAM) a été inauguré ce matin à l’EPFL antenne neuchâteloise, située au cœur de Microcity Pôle d’Innovation en présence de Jean-Nathanaël Karakash, conseiller d’Etat neuchâtelois en charge de l’économie et de l’action sociale et de Martin Vetterli, président de l’EPFL. L’objectif du centre : développer un système d’assistance cardiaque moins invasif pour aider les cœurs en défaillance.

Source : Canal Alpha

Un centre, une collaboration entre plusieurs cantons

Ce centre est le fruit d’une collaboration entre l’EPFL, l’Inselspital - l’Hôpital universitaire de Berne, l’Hôpital universitaire de Zurich et d’industriels de la région neuchâteloise.
Le premier projet, planifié durant les quatre années à venir consistera à développer un système d’assistance cardiaque moins invasif pour aider les cœurs en défaillance. Actuellement, seule une greffe ou un système d’assistance complexe permet de sauver les patients. Grâce à la prothèse développée au CAM, soit un anneau autour de l’aorte, des problèmes d’hémorragie et de thrombose seront évités notamment parce que la prothèse n’entrera pas en contact avec le sang.
Le deuxième projet sera dédié à la  reconstruction faciale et permettra de recréer des expressions du visage ainsi que le development d’un sphincter artificiel à partir de la même technologie que celle du coeur.
Huit personnes travaillent désormais au sein de l’équipe du Laboratoire d’actionneurs intégrés (LAI) d’Yves Perriard pour développer un nouveau système d’assistance cardiaque moins invasif.

Une technologie moins invasive

Cet anneau non-invasif, situé autour de l’aorte, sera alimenté par un système à induction magnétique, aidant le cœur à pomper.

Notre système ne nécessitera plus d’intervention à l’intérieur du cœur. Cette méthode sera donc moins invasive que ce qui existe actuellement en matière d’assistance cardiaque »

rappelle Yves Perriard, directeur du Laboratoire d'actionneurs intégrés (LAI) à Neuchâtel.

Plus concrètement, le dispositif imaginé sera composé d’une série d’anneaux, conçus dans un matériau appelé Dielectric Electro Active polymer (DEAP). Celui-ci a la propriété de se dilater lorsqu’une tension lui est appliquée et se contracte lorsqu’il est relâché. Ces réactions étant immédiates, elles offrent ainsi un mouvement de va-et-vient qu’il est possible de contrôler en temps réel. Un mouvement qui ne serait pas suffisamment fort sans le ressort de haute précision développé au sein de l’entreprise H2i à Cortaillod, avec laquelle le Laboratoire d’actionneurs intégrés collabore.

En décembre, nous savions déjà que le Dielectric Electro Active polymer seul ne suffirait pas

explique Yoan Civet, collaborateur scientifique au LAI. Raison pour laquelle a été développé, puis breveté, cet étonnant ressort en titane dont les lames font seulement 0.1 mm !
En plaçant ce dispositif fait du ressort et du polymer autour de l’aorte, le cœur pourra ainsi être soutenu dans sa tâche de pompage.

Collaboration étroite avec l’Inselspital

Afin de développer ce système d’assistance, le Laboratoire d’actionneurs intégrés d’Yves Perriard collabore déjà étroitement avec le chirurgien cardiaque Thierry Carrel, directeur et médecin-chef du Service universitaire de chirurgie cardio-vasculaire à l’Inselspital à Berne.

Pour le patient, cette technologie serait certainement moins invasive que les systèmes d’assistance cardiaque actuels car elle n’interfère pas directement avec le flux sanguin, ni les cellules sanguines. On peut ainsi imaginer l’utiliser à des stades plus précoces que les techniques actuelles et aider ainsi le cœur avant une défaillance terminale

explique le chirurgien.

En plus des dix personnes qui travaillent à développer la technique, le groupe de recherche du professeur Thierry Carrel, auprès de l’ARTORG Center for Biomedical Engineering et la section de chirurgie expérimentale du Department for BioMedical Engineering de l’Université de Berne apporteront une contribution significative au projet. Thierry Carrel suivra l’ensemble de la première étape, échelonnée sur quatre ans. Au terme de celle-ci, et uniquement après que les tests sur banc d’essai auront validé la technologie, le chirurgien implantera ce système chez des animaux. A l’issue de cette phase, les chercheurs sauront si la technologie est viable.

Président de l’EPFL, Martin Vetterli souligne

C’est un projet d’avenir, au croisement de l’ingénierie et de la médecine. Je suis particulièrement heureux des collaborations universitaires qu’il initie, notamment avec l’Inselspital

Un enthousiasme partagé par Jean-Nathanaël Karakash

Nous sommes très fiers de pouvoir mettre à disposition les compétences industrielles, scientifiques et technologiques de l’écosystème d’innovation neuchâtelois, condensées au sein de notre pôle d’innovation Microcity. Et cela au service de l’humanité, pour sauver des vies

et naturellement aussi par la Fondation Werner Siemens qui, à travers cette donation, espère vivement contribuer à une réussite dans le domaine des maladies musculaires.  

Après le cœur, l’expression faciale

Le projet ne s’arrêtera pas à l’assistance cardiaque. En effet, dans une deuxième  phase, sur dix ans à partir de 2022, le Centre pour muscles artificiels développera d’autres volets dans différents domaines. Notamment un projet de sphincter urinaire et un projet de reconstruction de la musculature faciale, afin de redonner des expressions aux personnes victimes d’accidents (comme les grands brûlés). Ce dernier sera développé avec Nicole Lindenblatt, de la Clinique de chirurgie plastique et reconstructive de l’Hôpital universitaire de Zurich.

La Fondation Werner-Siemens

La Fondation Werner Siemens soutient des projets de recherche techniques et scientifiques innovants dans les universités et les collèges répondant aux normes les plus élevées. De manière sélective, elle soutient également des projets sélectionnés dans les domaines de l'éducation, la formation et la promotion des jeunes chercheurs.

 
Contacts

Yves Perriard, Directeur du Laboratoire d’actionneurs intégrés (LAI) de l’EPFL
Tél : +41 21 695 43 10
Email :
yves.perriard@epfl.ch

Thierry Carrel, Directeur et Médecin-chef, Service universitaire de chirurgie cardio-vasculaire, Inselspital, Hôpital universitaire de Berne
Tél : +41 31 623 23 75
Email :
thierry.carrel@insel.ch

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