4/07/2018

De la crise horlogère à Microcity Pôle d’Innovation Neuchâtel

Une histoire racontée par Nico de Rooij, le professeur néerlandais à l’ADN neuchâtelois

Nico de Rooij, figure emblématique de la microtechnique et de son essor dans le Canton de Neuchâtel est aujourd’hui à la retraite. Il a fait partie des quatre premiers professeurs engagés à l’Institut de Microtechnique (IMT). De son point de vue, la concentration d’acteurs actifs dans la microtechnique à Neuchâtel reste un cas unique au monde. Petite histoire d’un succès réalisé grâce à l’agilité et à la capacité à se réinventer du Canton.

Retour dans les années 70, où le Canton de Neuchâtel participe à la création de la montre à quartz, sans pour autant profiter des retombées de cette révolution. Industrialisée au Japon et aux USA, l’arc jurassien est touché de plein fouet par cette innovation, où les fabricants de montres mécaniques sont laissés sur le carreau. Au plus haut de la crise horlogère, une initiative du Canton donne naissance à l’Institut de Microtechnique (IMT), alors rattaché à l’Université de Neuchâtel (UniNE). La première chaire de recherche est fondée dans le domaine de l’électronique, avec le Prof. Fausto Pellandini. Il est suivi par le Prof. René Dändliker dans le domaine de l’optique, le Prof. Arvind Shah dans la photovoltaïque. Nico de Rooij arrive à Neuchâtel en 1982 et dirige la nouvelle chaire des capteurs et actionneurs miniaturisés. Progressivement, un univers de la microtechnique se met en place dans la région. En 1978, une première convention avec l’EPFL permet d’établir un plan d'études unique pour la formation des ingénieurs en microtechnique. En 1989, les 4 professeurs de l'IMT sont nommés professeurs à temps partiel au nouveau département de microtechnique de l'EPFL ; un laboratoire commun de microtechnique (LMT) est ouvert à Neuchâtel.

En 1999, une convention a été signée avec le CSEM afin de financer un programme de recherche, proposé et exécuté par l’IMT. Afin de pérenniser, à Neuchâtel, la formation, la recherche et le transfert de technologie dans le domaine de microtechnique et d’augmenter ses ressources financières au niveau fédéral, l’affiliation à l’EPFL se profile comme le choix le plus efficace pour l’IMT. En 2009, l’IMT est intégré à l’EPFL, donnant naissance à la tout première antenne EPFL. Le Canton s’engage à financer un nouveau bâtiment pour accueillir l’antenne neuchâteloise de l’EPFL. De 4 chaires, l’EPFL antenne neuchâteloise passe très vite à 12.

Pour Nico de Rooij, l’intégration de l’IMT à l’EPFL est un choix pertinent. Les coopérations entre l’antenne neuchâteloise de l’EPFL et le CSEM se sont depuis également intensifiées entre autres par des doubles nominations EPFL-CSEM de plusieurs professeurs. Et la reconnaissance d’une institution comme l’EPFL envers l’IMT a boosté une région extrêmement compétente mais parfois trop discrète sur ses succès. D’une trentaine de personnes à l’IMT au début des  années 80, ce sont à l’heure actuelle des centaines de chercheurs, professeurs ou étudiants qui sont rassemblés dans le quartier Microcity de l’innovation.

Avec la nouvelle génération de scientifiques connectés grâce au Pôle d’Innovation Microcity, les recherches menées dans l’ "advanced manufacturing", la création du centre de recherche en micro-fabrication (M2C), Nico de Rooij en est persuadé : l’innovation dans le Canton de Neuchâtel n’a pas fini de faire parler d’elle aux quatre coins de la planète.

Propos recueillis par Victoria Barras

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